Divorzio all’italiana – Pietro Germi

Traduction française : Divorce à l’italienne
Durée : 1h45
Année de production : 1961
Noir & blanc

Intrigue :
Sicile, années 60. Le baron Ferdinando Cefalù est las de son épouse Rosalia et de ses sollicitations sensuelles répétées. De surcroît, il est éperdument amoureux de sa jeune cousine Angela, âgée de seize ans. Lorsqu’il apprend que son amour est partagé, une seule idée occupe ses pensées : en finir avec sa femme. Or, le divorce est interdit en Italie. Cependant, l’article 587 du Code Pénal ne condamne que légèrement le crime d’honneur. Le stratagème est alors tout trouvé pour le baron, qui entreprend alors de rapprocher sa femme de son ancien amour de jeunesse, Carmelo Patanè, peintre au village. Son acharnement et sa patience le feront bientôt cocu, première étape de son macabre dessein…

Casting principal :

  • Marcello Mastroianni (Ferdinando Cefalù) ;
  • Daniela Rocca (Rosalia Cefalù) ;
  • Stefania Sandrelli (Angela) ;
  • Leopoldo Trieste (Carmelo Patanè).

Bande-annonce :

Photos :

Récompenses (via IMDb) :

  • Meilleure actrice (Daniela Rocca) à l’Avellino Neorealism Film Festival en 1962 ;
  • Meilleure comédie au Festival de Cannes en 1962 ;
  • Meilleur film aux Golden Globes en 1962 ;
  • Meilleur acteur (Marcello Mastroianni), Meilleure histoire originale et Meilleure histoire à l’Italian National Syndicate of Film Journalists en 1962 ;
  • Meilleur film étranger au National Board of Review en 1962 ;
  • Oscars du Meilleur scénario (Ennio De Concini) et de la Meilleure histoire aux Academy Awards en 1963 ;
  • Meilleur acteur (Marcello Mastroianni) aux Golden Globes en 1963 ;
  • Meilleur acteur étranger (Marcello Mastroianni) aux BAFTA Awards en 1964.

Pourquoi ce titre ?
Divorzia all’italiana fait référence à une notion qui n’existe pas encore en Italie dans les années 60 : la reconnaissance légale du divorce. La reconstitution d’une vie de couple n’est en effet admise par la société qu’à la disparition d’un des deux conjoints, disparition que le protagoniste principal du film va décider de forcer…

Anecdotes :

  • Divorzio all’italiana fut le premier film à être qualifié de “comédie à l’italienne” ;
  • ce film marque un tournant dans la carrière de Pietro Germi qui ne réalisera et n’écrira ensuite que des comédies de moeurs, un genre qui lui rapportera beaucoup de succès (source : Allociné) ;
  • Pietro Germi fait un clin d’oeil à son camarade Federico Fellini en mettant en scène vers la fin de son film la projection au théâtre du village de La Dolce Vita sorti juste un an avant. Ce clin d’oeil frôle la mise en abyme dans la mesure où Marcello Mastroianni joue aussi dans La Dolce Vita. Son nom et sa prestation n’apparaissent cependant pas à l’écran pour éviter la confusion.

Mon avis personnel :
Nous avons affaire ici à une vraie comédie à l’italienne dont l’humour grinçant met en relief toute l’hypocrisie de la société italienne de l’époque qui ne considère alors pas le divorce comme un choix (il faudra attendre le vote du Parlement en novembre 1969 puis le référendum en mai 1974 pour renverser les choses).

La scène de la projection du film La Dolce Vita est saisissante : tous les hommes dans la salle du théâtre sont subjugués par la beauté renversante de l’actrice Anita Ekberg mais lorsque l’un d’eux se fait rappeler à l’ordre par sa compagne, il plonge brusquement dans le déni pour sauver la face. Les hommes du village sont fascinés par ce film qui met en scène, à en croire leurs propos, des “échanges de femmes”. C’est justement cet échange que s’applique à opérer le baron Ferdinando Cefalù.

La justice est particulièrement visée dans ce long-métrage. Prétendant être “égale pour tous” (l’inscription “la legge e uguale per tutti” au tribunal d’un village voisin apparait à maintes reprises), elle condamne pourtant différemment les hommes et les femmes, les aristocrates et les ignorants. L’illustration en est la condamnation à 8 ans d’une femme cocue ayant tué son mari par vengeance alors que l’article 587 du Code Pénal prévoit une peine de 3 à 7 ans.

Cette satire sociale acerbe s’accompagne par ailleurs d’un jeu d’acteurs formidable. Le rictus de Marcello Mastroianni est fascinant, sa voix-off rythme le film, Daniela Rocca (qui s’est vue pousser une fausse et fine moustache pour l’occasion afin de la rendre moins attirante) est agaçante et niaise à souhait, Stefania Sandrelli est jeune et ravissante…

Enfin, l’accompagnement musical signé Carlo Rustichelli est tout simplement splendide.
En somme, un film que je recommande vivement.

Ma note :
Black starBlack starBlack starBlack starHalf star

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