Ossessione – Luchino Visconti

Traduction française : Les amants diaboliques
Durée :
 2h20
Année de production : 1943

Noir & blanc
Adaptation très libre sur grand écran du roman The Postman Always Rings Twice de James M. Cain paru en 1934 (aucune référence n’y est faite au générique, Visconti n’en possédant pas les droits)

Intrigue :
Basse vallée du Pô dans la région de Ferrare, 1942. Gino, un très séduisant chômeur vagabond, fait une escale forcée dans une auberge au bord de la route. Celle-ci est tenue par Giuseppe, un homme riche, mûr et corpulent marié à Giovanna, une belle femme plus jeune désabusée de cette union. Le charme opère immédiatement entre Gino et Giovanna, qui ne tardent pas à vivre une relation adultère insoupçonnée par l’aubergiste qui a d’autres préoccupations. Les amants, souhaitant maintenant vivre leur passion librement, maquillent l’assassinat du mari en un malheureux accident. Cet événement, censé rapprocher les protagonistes, va cependant les confronter à une crise interne inattendue sur fond de malentendu. L’enquête policière ouverte suite au décès de Giuseppe ne va également pas leur faciliter la tâche…

Casting principal :

  • Massimo Girotti (Gino Costa) ;
  • Clara Calamai (Giovanna Bragana) ;
  • Juan de Landa (Giuseppe Bragana) ;
  • Elio Marcuzzo (L’espagnol) ;
  • Dhia Cristiani (Anita).

Bande-annonce :

Photos :

Récompenses (via IMDb) : aucune a priori. Le contexte historique l’explique probablement : la guerre fait rage,  le film s’oppose aux idées prônées par le régime fasciste (à savoir l’Homme nouveau, vertueux et travailleur, ce à quoi Visconti propose ici la pauvreté, le vagabondage, la prostitution occasionnelle de femmes sans ressources, l’adultère, le meurtre, l’homosexualité, etc.), Visconti se base sur le récit d’un auteur américain (nationalité ennemie des forces de l’Axe à ce moment), etc. Ce n’est donc pas étonnant que les autorités fascistes exigèrent à l’époque la destruction des négatifs (le réalisateur réussit tout de même à conserver un exemplaire).

Pourquoi ce titre ?
Visconti ne possédant pas les droits du roman qu’il adapte ici au cinéma, ne peut intituler son oeuvre The Postman Always Rings Twice. Il la nomme donc Ossessione, titre mettant en valeur le caractère dévorant et destructeur de la passion amoureuse.
En France, le film sort sous le nom Les amants diaboliques, un titre racoleur bien moins représentatif de l’oeuvre.

Clin d’oeil :
Le surnom “L’espagnol” attribué au personnage incarné par Elio Marcuzzo n’a pas été choisi au hasard et fait même plutôt preuve de courage politique de la part de Visconti en cette période fasciste. Cette dénomination fait en effet référence aux italiens anti-fascistes qui allèrent s’enrôler dans les brigades internationales pour défendre la République espagnole face aux nationalistes du Général Franco.
“L’espagnol” symbolise donc ici cet esprit de révolution et de liberté de pensée.

Mon avis personnel :
Un film politiquement engagé ayant, non sans difficultés, survécu à la censure de l’époque. Ossessione est le premier long-métrage néoréaliste italien et mérite rien qu’à ce titre d’être visionné.
Les femmes apprécieront Massimo Girotti, tandis que les hommes se tourneront vers Clara Calamai et Dhia Cristiani.
On notera tout de même quelques longueurs.

Ma note :
Black starBlack starBlack starBlack starWhite star

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.